MONT BLANC (4810 m) à ski, France
Loin d'être une expédition, l'ascension du Mont Blanc constitue cependant une entreprise symbolique... Plus haut sommet des Alpes, plus haut sommet d'Europe ( Occidentale en tous cas ), le géant des Alpes domine de ses 4810m la vallée du Rhône, les sommets suisses, italiens et français. Récit de l'ascension et de la descente à ski du toit de l'Europe...

03/06/2000
Nous arrivons un dimanche matin à la gare de St GERVAIS, nous avons rendez vous
aux Contamines avec notre guide. Bien sur pas de bus le dimanche hors saison,
c'est finalement un passager du train qui nous y emmènera en voiture.
Nous profitons de la journée pour monter en guise d'échauffement jusqu'au refuge
de Tré la Tête. Dans l'Après midi, nous rencontrons
notre guide Franck. Franck est assez pessimiste au sujet de la météo des
prochains jours...
04/06/2000
Départ matinal pour l'Aiguille du midi ( 3842 m ). Nous prenons Fredo et moi ce
téléphérique pour la première fois...
Arrivés au sommet, nous nous équipons et passons cette fameuse barrière. Nous
sommes en "Haute Montagne".
Première descente, puis première montée pour gagner le col d'Entrèves ( 3600 m
), la visibilité s'amoindri, nous sommes très peu sur le glacier,
nous parvenons au col, la visibilité est nulle.
Nous entamons la descente dans une neige transformée puis gagnons le refuge du
Requin ( 2550 m ).
Celui ci est vide, nous y passerons la nuit seuls.
05/06/2000
Objectif de la journée: Aiguille du Tacul.
Pour ce faire, nous avons toutes les crevasses en contrebas du refuge à
traverser. Le glacier est très ouvert et nous avons du déambuler pour trouver un
accès au pied de la face.
Nous entamons une longue pente assez raide puis au col nous laissons les skis
pour finir sur le rocher.
Fredo et moi ne sommes pas rassurés, le vide est bien présent !
Le temps se gâte, nous finissons au sommet, comme la veille, dans le brouillard.
La descente s'effectue rapidement, nous reprenons les skis et filons sur la mer
de glace en espérant ne pas rater le train...
Après plusieurs heures à skier sur de la glace vive, nous atteignons le pied des
échelles, puis le train qui s'apprêtait à partir...
Nous passons la nuit aux Contamines.
06/06/2000
D-DAY, nous prenons la première benne à Chamonix pour le premier tronçon.
Il fait très beau, et déjà trop chaud. Nous chaussons, traversons sous
l'Aiguille du Midi et gagnons le glacier des Bossons.
Très ouvert lui aussi, nous peinons pour trouver un passage, nous sommes très
impressionnés...

La montée se poursuit, le soleil se durcit, l'eau fait pénurie. Nous sommes
complètement déshydratés lorsque nous arrivons au refuge des Grands Mulets (
3050 m ).
Le refuge n'est pas complet, nous sommes tout au plus une quinzaine de cordées.
Après s'être réhydratés, reposés, fais volé une bouteille d'eau ( 30 frs la
bouteille ), nous nous couchons, près à attaquer les 1800 m de positif du
lendemain.
08/06/2000
D-DAY ( bis )
Cette fois c'est le grand jour, enfin la nuit noire qui nous accompagne à 2h00
du matin, lorsque nous chaussons au pied du refuge. Le ciel est étoilé !
Nous partons après toutes les cordées, la pente se raidit, la neige fait place à
la glace, nous chaussons les crampons.
Nous rattrapons une à une les petites lumières qui se promènent dans l'obscurité
des montagnes. Le jour viens nous sortir d'une sorte de léthargie dans laquelle
nous étions, nous sommes vers 4000 m, sous le Dôme du Goûter.

Nous arrivons assez vite à Vallot ( 4300 m) et la je commence à ressentir ces
symptômes dont on m'avait tant parlé, je suis vidé...
Nous entamons l'arrête des Bosses, seul un alpiniste est devant nous.
Après de multiples pauses et espoirs ( Après cette Bosse, c'est fini... ) , nous ne pouvons plus monter, non pas parce que nous sommes exténués, mais parce qu'il n'y a plus de neige, plus de montagne, pour continuer, nous sommes au sommet du Mont Blanc à 4810 m, comme dans un rêve, une rêve de gosse pour moi...
A nos pieds, Français, Suisses, Italiens, Allemands...
Nous y restons 15 minutes à méditer et boire du Thé puis entamons la descente.
Nous croisons des Allemands, des italiens, des polonais... beaucoup ( la moitié
) ont fait demi tour à Vallot.
Nous y récupérons les skis laissés puis nous lançons dans une descente fatigante
mais jouissive.
La neige est bonne jusqu'a 3200 m, nous poussons jusque 2700 m puis déchaussons.
Il nous faudra une heure encore pour atteindre le tronçon du téléphérique.
Nous montons dans la benne, entre Américains médusés et Japonais interloqués.
Arrivés à Chamonix, c'est un car de touriste qui nous photographie avec nos
skis...
Nous traversons la ville traînant nos grosses chaussures de ski, avec la
satisfaction de revenir du Toit de l'Europe...
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