Chapitre 3
Le Trésor Inca
Pérou (Cordillère des Andes)
Ascension du Pisco (5752 m), de l’Inshinca (5545 m ), du Tocllaraju (6035 m) et du Chopicalqui (6352 m )
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Cinq semaines en Amérique du sud pour gravir quelques unes des plus belles montagnes de la Cordillère Blanche : la concrétisation de 10 mois de préparation, de démarches, d’entraînement et de rêves… Rencontres et émotions rencontrées en altitude, dans un pays où les trésors sont légion…
Lors de l'expédition, nous rédigions un blog dès que nous avions accès à Internet, les textes n'ont été que peu modifiés.
Chapitre 3
13/07/2002
Comme prévu, nous avons décollé peu avant 8 heures d'ORLY, et après 2 h de vol
en compagnie de DSK et d'Anne Sinclair ( !), nous avons atterri a Madrid. Après
3h d’attente, nous avons enduré 12 h de vol pour Lima... Si vous voulez un
scoop, DSK ( Dominique Strauss Kahn ) et Anne Sinclair sont au Pérou...
Après un remake du film taxi version
péruvienne ( nousavons les images...), nous sommes arrivés a l’hôtel pour une courte
nuit non réparatrice ( moins sept heure de décalage)...
14/07/2002
Réveillés a trois heures ( décalage horaire ), nous avons pris le bus pour Huaraz...
Se sont enchaînés sur la Panaméricaine, favelas, cote pacifique, désert,
jusqu'a ce fameux virage a droite ( Huaraz 200 km) et la remontée de le vallée
qui nous mènera quatre heures plus tard sur les hauts plateaux de l'altiplano a plus
de 4000 m d'altitude (!).

Les lacets , les précipices , le tout avec croisement de camions étaient a l'honneur... Après plus de huit heures de bus, nous sommes arrivés a Huaraz, Chamonix local made in Pérou, a 3100 m d'altitude...
15/07/2002
Première journée de repos avec a l'ordre du jour: REPOS, formalités, essence,
alimentation, et folklore...

Nous partons demain pour environ dix jours sur les pentes du Pisco ( 5752 m), pour parfaire notre acclimatation...
Rendez vous dans une bonne dizaine de jours...
16/07/2002
Départ de Huaraz vers 6h00 du matin, en collectivo ( taxi collectif grand
comme un Renault espace ). Nous prenons la direction de Yungay mais petit a
petit le collectivo se remplit... A Yungay, nous sommes vingt-quatre a l'intérieur ( !
) sans compter le chauffeur! Nous devions descendre a Yungay pour prendre un
autre collectivo mais les chauffeurs insistent pour nous conduire aux Lagunes de
Llanganucco... Cela nous semble bizarre mais face à leur bonne humeur
communicative on ne se méfie pas assez...
Deux heures de piste chaotique plus
tard, le chauffeur nous dépose a bon port...
par contre, le prix a changer, il s assied à coté de nos sacs st ne veux pas
nous prendre les 15 soles ( 4.5 Euros) prévus mais nous en demande 100 soles,
puis 120 ! On s'en sort pour 110 soles, on s est fait avoir !
Il nous en faut plus pour nous
déstabiliser, après dix minutes de marche, nous arrivons au premier camp a 3900
mètres d’altitude:
magnifique ! Notre camp domine discrètement les eaux bleutées des lagunes
écrasées par la puissance austère du Huascaran Nord.
17/07/2002
Montée difficile ( 35 Kilos sur le dos ) au camp 2 a 4330 mètres d’altitude,
nous finissons complètement déshydratés... Nous pensions trouver un endroit pour
bivouaquer vers 4200 m mais ce fut impossible...
Le bivouac est cependant très agréable
mais nous avons mis 1h15 pour trouver de l'eau !
Les premiers maux de tête se font sentir mais rien d'alarmant, nous avons de
plus une vue magnifique sur la face sud du Nevado Pisco ( 5752 m ), l'objectif
de notre dizaine.
18/07/2002
Départ matinal pour le camp de base du Pisco ( 4615 mètres ).
Après 3 h de marche nous y parvenons, seules deux expéditions occupent les
lieux: 2 français et 13 espagnols.
Avec Frédéric, nous allons marcher 1h30 vers 4800 m, espérant ainsi apercevoir l'itinéraire du lendemain qui doit nous mener au camp moraine ( 4950 m ). Nous avons une superbe vue panoramique sur les Huandoy ( 6394 m ), le Chopicalqui (6354 m ), le Huascaran sud ( 6768 m ) et sur le camp de base ou nous tentons d'apercevoir Gatien...
Nous rencontrons des américains qui nous disent qu'une énorme crevasse barre l' accès au sommet du Pisco : nous verrons bien...
Dans l'après Midi, nous avons une
visite surprise de notre guide ( pour la suite ) et de notre contact français :
Marc Masconi, qui étaient lui aussi au camp de base...
Nous discutons un long moment, ils semblent très passionnés et professionnels.
La journée se termine comme toujours par une partie de carte ( le jeux de
cartes est un élément indispensable a la réussite d'une expédition...)
19/07/2002
Objectif de la journée: rejoindre le camp moraine ( 4950 m )... Le cheminement
est paraît-il difficile à trouver et laborieux.
Imaginez un espace grand comme quarante terrains de foot jonché de rochers entre lesquels se frayer un chemin relève parfois plus de l'escalade que d'une simple marche d'approche.
Le poids des sacs, l’altitude et la
déshydratation nous imposerons nombre de pauses...
Nous croisons deux français d'Orsay (!) qui nous dépannent en eau ( merci
encore ) et qui nous assurent que le camp n'est plus qu'a 30 minutes.
Cinq heures alors que nous pensions en mettre trois !!! La vue que nous avons de notre camp époustouflante…

Nous montons le camp, Marc et notre guide, nous rendent une seconde visite en
redescendant du sommet, nous partageons un thé puis nous nous séparons.
Nous n'avons plus trop mal a la tête mais ma gorge me brûle et le soir je fait
une petite poussée de fièvre. Notre trousse a pharmacie est complète, nous
utilisons tous nos médicaments pour soigner les petits maux et l'aspirine pour
nous éviter les maux de tête .
20/07/2002
Je passe un très mauvaise nuit, le lendemain, la fièvre est tombée mais
le mal de gorge persiste.
Notre objectif est d'effectuer un portage jusque 5325 m, la ou nous devons bivouaquer demain... Nous emportons donc environ 4.5 litres d'essence et une soixantaine de lyophilisés, ce qui devrait nous délester de 7 kg par personnes pour le lendemain.
Arrivés au col, Frédéric et Gatien vont cacher les sacs au pied d'un bras rocheux sur les flancs du Huandoy. La vue est splendide du col, le vent transperce, glace et fige. Nous y sommes rejoins par une cordée composée d'un guide péruvien, d'un client américain et d'un client péruvien lui aussi...
Ce dernier est mal en point et le
guide nous demande si cela nous dérange de le redescendre au camp moraine ( nous
y redescendions)... Scandaleux de la part d'un guide d'abandonner son client
mais comme nous redescendons, nous acceptons !
Arrivés en bas, nous discutons avec le client péruvien, nous lui faisons du
thé, lui donnons de l'aspirine, mais il ne semble pas au mieux... Il vomit, son
état s'arrange, le guide péruvien réapparaît quelques heures après et tous
redescendent pour un repos bien mérité.
Le soir, nous sommes toujours seuls a
4950 mètres, prêts a y passer notre deuxième nuit...
Les températures chutent vite en dessous de zéro, nous nous payons le luxe de
faire un petit feu de camp...
21/07/2002
C'est le jour ou nous devons monter bivouaquer au col a 5325 m... Ma gorge ne
va pas mieux ... A 10h30 nous sommes en haut, nous
montons la tente et nous mangeons.

16h30 Gatien avoue ne pas se sentir bien, nous nous laissons 30 minutes pour prendre une décision, et nous préférons jouer la sécurité, nous démontons, redescendons en vitesse et replantons la tente a 4950 m pour une troisième nuit à cette altitude...
Un coup de chaleur, un coup d’altitude
et un peu de panique nous on fait pendre la décision de redescendre, nous ne
sommes pas là pour prendre des risques.
Nous arrivons extenués au camp a 4950 m, 30 minutes avant la nuit, nous
prenons une décision: nous sommes très fatigues par ces nuits consécutives a
près de 5000 m, nous nous affaiblissons et ne mangeons plus beaucoup : demain on
tente le sommet et on redescend en cas de réussite...
22/07/2002
Départ tardif vers 7 heures pour le sommet du Pisco, quatre heures de montée
plus tard ( et de souffrance , un peu ), nous arrivons a la crevasse dont nous
avait parlé les Américains.
Un petit assurage au piolet plus tard et la crevasse est passée dans des
conditions de sécurité maximales On ne voit pas le fond, au moins quarante
mètres de vide et le pont de neige ne tient que d'un coté ).
Le sommet nous tend les bras, encore 20 mètres et nous découvrons la vue magnifique du sommet du Pisco ( 5752 mètres ) sur la cordillère blanche et les contreforts de l'Amazonie. Nous sommes seuls au sommet et après 30 minutes de contemplation en plein vent ( -15 degrés ) nous redescendons au camp moraine à 4950 m.
Après avoir récupéré, nous sommes
rejoins par deux expés. La première est composée de deux français et d'une
péruvienne : ils travaillent plus ou moins pour le compte du gouvernement et ont
un palmarès montagnard conséquent.
La seconde, est composée de deux belges de nos âges qui tenteront le sommet le
lendemain...
Après une soirée sympathique, nous allons nous coucher.
23/07/2002
Enfin, après quatre nuits a presque 5000 mètres, nous redescendons, épuisés...
Nous faisons une halte au refuge a 4665 m d’altitude : overdose de lyophilisés :
nous buvons trois litres de coca et mangeons des spaghettis et des sandwichs
Nous décidons de redescendre directement a 3900 m pour pouvoir récupérer
physiquement, mentalement le plus vite possible...
De plus, Gatien m'a rejoins dans mes
maux de gorge, il faut redescendre.
Enfin arrives a 3900 m, nous nous sentons revivre: de l'air, de l'herbe et des
Hommes !!!
Vers 17h00, les belges nous rejoignent , on réussi a les convaincre de
bivouaquer avec nous pour prendre ensemble dès le lendemain un collectivo.
24/07/2002
Après quarante minutes d'attente , un collectivo nous ramène à Yungay, ( sans nous
arnaquer ) puis un autre à Huaraz. 3h30 après notre départ, l'hôtel est réservé
et nous allons manger les cheeseburgers tant attendus !

Le soir même, nous remettons ça avec
nos amis belges qui nous ont rejoins...
Ils partent demain pour un trek, peut être les recroiserons nous sur le
Chopicalqui.
Au programme pour ces 3 jours pleins a Huaraz, manger ( remanger ), dormir et
flâner.
On se couche, morts de fatigue dans de vrais lits, avec un toit sur la tête et
propres !
25/07/2002
Réveil agréable, sans humidité, sans gel et avec la télévision !
Première mission: réactualiser le site Internet ! Le reste de la journée est dédié au repos et aux cheeseburgers (Un euro le cheeseburger avec son assiette de vraies frites ! )... nous en avons mangé quatre assiettes chacun !
26/07/2002
Farniente encore au programme, balade au splendide et coloré marché de Huaraz.
Le soir nous rencontrons le guide, nous voulons lui parler d'un sujet qui nous
inquiète...
14 morts en deux semaines au Huascaran, la montagne que nous avions prévu de
gravir...
Nous lui faisons part de nos inquiétudes et nous nous accordons tous a dire
que la montagne est beaucoup trop dangereuse cette année, nous ne voulons pas
mettre en jeu notre vie sur une montagne qui ne cesse de " dégueuler "
avalanches et blocs de glace...
Le Huascaran, une autre année !
Le programme de remplacement fait tout aussi rêver : Nous partons dès demain six jours pour gravir l'Inshinca ( 5530 mètres ) et le Tocclaraju ( 6032 mètres ). Nous reviendrons une journée a Huaraz, puis nous repartirons quatre jours pour gravir le Chopicalqui ( 6354 mètres ).
Nous dînons avec Marc le soir même
dans une pizzeria tenue par un français.
27/07/2002
Au menu du petit dej: 3 turista s il vous plait . Certainement le poulet (
pollo ) dans la Pizza... Médicaments et coca sont les seules choses que l'on
peut ingurgiter sans craindre un quelconque retour de flamme...
Petite réunion a notre hôtel avec
Magno et Marc vers 10h00 du matin, pour passer en revue le matériel technique.
Derniers achats, nous rencontrons une dernière fois nos deux guides dans la
soirée pour conclure des derniers détails... Rajoutons simplement que nous
avons fait venir le médecin a l'hôtel, mais que son action, bien que dévouée n a
rien pu faire face a nos médicaments français...
Nous partons donc demain vers 9h00 avec guide, mules et tout notre matériel...
Nous vous donnons rendez vous dans une petite semaine...
28/07/2002
Départ pour Collon ou nous attendent les mules et les arrieros. Notre
chauffeur nous fait cependant faire un détour d'une trentaine de kilomètres,
malgré nos remarques ( il pensait a une blague...)
La turista semble éradiquée mais nous nous sentons tous très faibles.
Nous arrivons a Collon au terme de 45 minutes d'une piste chaotique, point de départ de la quebrada ( vallée ) Inshinca. Quatre heures de marche avec plus ou moins de souffrance ( rien dans le ventre depuis 48 heures ) et nous arrivons au Base Camp à 4350 mètres.

Il y a beaucoup de monde mais nous trouvons un espace a l'écart où nous montons le camp.
Nous allons faire une découverte importante, celle de la cuisine de notre cuistot Racrachancra qui nous prépare des plats dignes des restaurants de la vallée. La poule ( vivante ) qu'il a monté de la vallée ne semble pas au mieux, elle semble souffrir....de l'altitude...
29/07/2002
Levé a 3 heures pour gravir l'Inshinca ( 5530 m). C'est une dure journée qui
s' annonce ( presque 1200 m de positif et autant de négatif ). Nous arrivons au
levé du jour sur le glacier vers 4950 m, nous y rencontrons les français du
Pisco ( Nicolas et Barbara ) et nous gravissons ce belvédère de 5530 m qui nous
donne un bel aperçu sur la cordillère blanche. Le temps est superbe, l’ambiance
est joviale.

Nous effectuons de plus la traversée, nous sommes montés par le face nord et nous redescendons par la voie sud. Le travail d'acclimatation effectué les jours précédents a porté ses fruits, nous ne souffrons pas beaucoup des méfaits de l'altitude.
Nous redescendons au camp de base avec nos amis français. Gatien aura testé le coup de " je tombe dans une crevasse remplie d'eau ", il s'en tire avec une jambe mouillée et une belle crise de rire.
La descente s’effectue rapidement et dans la bonne humeur, les jours prochains semblent s’annoncer sous les meilleurs hospices…

Apres une belle journée de près de dix heures, le festin que nous a préparé Racrachancra nous permet de reprendre des forces.
30/07/2002
Après une grasse matinée ( lever 7 heures ) nous nous préparons pour
monter au camp 1 du Tocllaraju qui se trouve sur le glacier vers 5150 m.
Malheureusement le temps ne semble pas nous faire de faveurs, il commence à neiger vers 4500 m puis c'est une véritable tempête de neige qui s abat sur nous. Nous mettons presque 3h30 pour atteindre le camp 1 à 5150 m et nous y montons la tente sous la neige qui ne cesse de tomber. Au camp 1, deux tentes: deux chiliens qui tenteront le sommet comme nous demain et une tente vide ( !? ). Apparemment ce sont des espagnols qui ont tenté le sommet aujourd’hui mais ils tardent à rentrer.
Les belles éclaircies nous font espérer des conditions plus clémentes pour le lendemain.

Les yeux resteront rivés sur le
baromètre ( et sur le toit intérieur de la tente sur lequel on entend sans
discontinuer tomber la neige... ). Après un repas hâtif dans la tente, nous nous
couchons vers 19h00.
31/07/2002
Lever a 3h00, notre cuistot fait fondre de la neige depuis 1h45 ! Le temps est
au beau, on voit les étoiles et le sommet que nous n'avons pas pu discerner la
veille.
Nous partons vers 4h00 dans 15 a 20
centimètres de neige fraîche.
Les chiliens partis une heure avant nous ont fait la trace et nous montons
lentement mais régulièrement dans la nuit, éclairés par la lune et la lumière de
nos lampes frontales.
Vers 5600 mètres, première difficulté technique, la rimaye a passer (grosse
crevasse ). Nous sommes assurés par Magno et Marc, le passage est assez
impressionnant mais il passe sans encombres.

Nous atteignons le col vers 5700 m alors que nous voyons descendre deux
alpinistes. Ce sont les espagnols, pris dans la tempête hier alors qu ils
étaient au sommet, ils ne pouvaient plus redescendre... Ils ont donc passé la
nuit dans une crevasse a près de 6000 mètres d'altitude !

Apres un brève conversation, nous reprenons le chemin du sommet . Nouvelle pause vers 6000 m pendant que Magno passe la dernière crevasse et monte en tête la dernière portion ( 60 m entre 50 et 60 degrés ) avec 2000 m de vide dans notre dos.

Nous croisons les chiliens qui redescendent du sommet.
Un heure plus tard nous sommes au
sommet du Tocllaraju ( 6034 m ). Le mauvais temps s'est cependant levé a 15
minutes du sommet, la visibilité est quasiment nulle, le vent fort et glacial.
Nous restons 15 minutes au sommet en espérant que cela se découvre... Quelques
timides éclaircies mais il faut redescendre. Nous descendons en rappel chacun
notre tour, les manœuvres de cordes et les relais nous prennent du temps, nous
serons resté presque 2 heures entre 5900 m et 6034 m. Lors du dernier rappel,
Frédéric se paie le luxe de tomber dans la rimaye ( 1.50 mètre de large pour 10
mètres de profondeur ). Que sa famille se rassure, on a beaucoup rit, on s'est
beaucoup moqué, et il n y a pas eu de bobos.
La descente est longue, dans une poudreuse transformée par le soleil, nous
arrivons vers 14h00 au camp 1, fatigués mais heureux d'avoir ce 6000 en poche (
premier 6000 pour Frédéric et Gatien .)

Frédéric s'endort tout habillé dans la tente, pendant ce temps, nous discutons
avec Marc et Magno; nous aimerions être dès demain a Huaraz pour avoir 2 jours
complets de repos avant d'attaquer le Chopicalqui ( 6354 m ).
Initialement, nous devions dormir au camp 1, puis au camp de base. Nous
proposons de descendre directement du camp 1 demain jusque Collon ou nous
attendra le bus pour rejoindre Huaraz. La décision est prise, Racrachancra et
Marc redescendent le jour même au camp de base pour prévenir par radio les
muletiers et notre chauffeur.
Après un repas rapide, nous nous couchons peu après 18h00.
01/08/2002
Apres une mauvaise nuit ( pour moi ), nous nous levons
vers 5h45, nous démontons le camp, Racrachancra nous a rejoins pour nous aider
au portage et nous mettons à peine plus d'une heure pour rejoindre le camp de
base a 4350 mètres.
Après un petit déjeuner frugal, nous nous mettons en route pour Collon ( 3350
m ) où nous attend le bus.
Sortie de nulle part, une petite fille nous regarde descendre à grandes enjambées.

Dans la descente nous rencontrons pour une énième fois Nicolas et Barbara qui redescendent ( pénurie de vivres ). Nous arrivons à Collon, nous partageons le bus avec nos amis français qui redescendent eux aussi dans la vallée.
Enfin, nous seront dans 1 heure a Huaraz...
... jusqu a ce fameux pont...
... En effet, sur la piste qui mène a la vallée, des
ouvriers construisent ( est ce le mot ?) un pont avec des pierres, des rondins
de bois et de la terre. Magno descend pour les presser un peu, puis 15 minutes
après le pont est prêt ( ? )
Par soucis de sécurité, on nous demande de descendre du bus et de passer le
pont a pied.
Le bus avance doucement, une planche vole, et le bus s affaisse de 30 cm... Le
pont n'est pas solide !
De plus, un autre bus arrive en face et nous informe que l'on ne peut plus passer plus bas, 2 autres ponts sont en réfection. Un demi tour hasardeux plus tard, nous voici de retour à Collon .
Nous passerons par une autre vallée.
Nous devions mettre une heure pour rejoindre Huaraz, nous avons mis trois heures, en passant par des pistes que l'on hésiterait à prendre en VTT, dans des vallées reculées où le temps semble s'être arrêté

Petite frayeur tout de même lorsque nous croisons une fête de village ou les
habitants quelque peu imbibés nous menacent avec des tessons de bouteilles...
Après toutes ces émotions, la soirée se finit a la crêperie " Chez Patrick "
avec Marc.
02/08/2002
Après un réveil tardif, l'habituelle " mission Internet " ... Nous déjeunons a
12h30 avec nos amis français et Marc.
03/08/2002
Nous faisons un point matériel avec Marc et Magno vers 10h00.
Le reste de la journée est consacré au repos et à la
préparation du matériel pour le lendemain.
Nous avons une petite visite à l'hôtel de nos amis belges qui reviennent du
Chopicalqui, avec une petite gelure de l'orteil, sans gravité. Nous partons
demain a 7h30 pour quatre jours pour tenter l'ascension du Chopicalqui ( 6354 m
), des nouvelles dans quatre jours environ...
04/08/2002
Nous partons comme prévu en mini bus pour le Chopicalqui.
Apres 2h30 de piste, le mini bus nous dépose dans un virage vers 4150 m, virage
duquel part un petit chemin qui doit nous mener au camp de base puis camp
moraine du Chopicalqui. Le camp de base ( 4300 ) n'est qu à 30 minutes de la
piste, nous irons donc dormir au camp moraine ( 4900 m ).
Au camp de base, nous croisons une expédition
coréenne qui comporte une vingtaine de membres. Cette expédition est suréquipée;
radio, camps permanents, banderoles... c'est déroutant de professionnalisme. Les
coréens restent 11 jours sur la montagne, nous n'en passerons que quatre....
Nous dépassons donc le camp de base pour traverser la moraine qui doit nous
mener quatre heures plus tard au camp moraine. Alors que nous traversons la
moraine, nous apercevons une énorme avalanche qui dévale du Huascaran, dans un
fracas étourdissant... Nous en apercevrons ( et filmerons ) encore 4 ou 5. Sans
dangers objectifs pour nous ( nous étions absolument hors de portée ), cela est
néanmoins particulièrement impressionnant.
Nous arrivons au camp moraine ou sont installés bien sur quelques coréens, et
nous montons le camp dans un décors de rêve...

Nous avons vue sur tout le nord de la cordillère blanche ( Huandoy, Pisco,
Chacraraju, Alpamayo... )
05/08/2002
Réveil tardif au camp moraine, aujourd’hui, nous devons monter au camp 2 qui
se trouve vers 5200 m. L'étape ne doit pas être très longue, au plus trois
heures... Nous prenons pied sur le glacier vers 5000 m ou nous croisons
des expéditions qui redescendent, tous n'ont pas fait le sommet...
Le camp initial vers 5200 m est malheureusement
indisponible ( chute de séracs ), nous montons finalement, laborieusement plus
haut, vers 5500 ( on s'apercevra plus tard avec le GPS que nous sommes
finalement a plus de 5600 m.
Des coréens , bien sur et des allemands occupent l'endroit.

Nous montons le camp dans le vent et un froid glacial et nous rentrons dans la tente: il est 15h00 et commencent les longues heures d attente, les heures pendant lesquelles personne n'est très bien, pendant lesquelles il faut boire et manger, bien que ce soit difficile, les heures pendant lesquelles il ne faut pas dormir, sous peine de nuit blanche...
Gatien va à peu près bien, Frédéric "plane" un peu,
moi ça va pas trop mal...
Nous sommes cependant gratifiés d'un splendide couché de soleil, mon plus beau
en tous cas…

Après s'être forcé a manger, nous nous couchons pour une nuit froide et
entrecoupée de réveils.
06/08/2002
Lever 2h30, je suis réveillé depuis 2h00 par le réchaud a essence qui brûle
dans le froid glacial de la nuit... Frédéric va beaucoup mieux, Gatien a par
contre mal au genoux, c'est peu encourageant...
Nous nous levons tant bien que mal, avalons une tasse de thé et nous partons
vers 3h30 sur cette montagne que seules nos lampes frontales éclairent.
Nous partons les derniers, devant nous, une dizaine de coréens et les allemands.
Nous distinguons au loin les frontales... Nous partons assez vite, au bout de 45
minutes, nous doublons les coréens, au bout d'1h30, nous sommes seuls devant.
Le vent se lève avec le jour, il fait glacial !!

Nous arrivons nous aussi avec le jour en haut d'une grande pente de neige a
55-60 degrés, nous sommes frigorifiés, la température doit avoisiner les -20
degrés. Nous sommes vers 6100 m. Nous passons sous une barrière de séracs et la
Gatien qui est 20 m devant moi veut faire demi tour, ça ne va pas, sa tête ne
répond plus, l'altitude l'empêche d'aller plus loin.

Après 10 minutes de réflexion, Marc et Gatien font demi tour, c'est la
montagne malheureusement!
Nous continuons donc Frédéric et moi, avec Magno, il nous reste environ 200
m...
Ceux qui connaissent l'arrête des bosses au Mont Blanc, sauront ce que nous
avons vécu, des montées et des descentes sans jamais voir le sommet, puis, comme
dans un rêve, une montée et plus rien au dessus: le sommet et une vue
vertigineuse sur la cordillère blanche !! C'est époustouflant ! Nous sommes au
sommet du Chopicalqui ( 6354 m ). Nous avons mis 1h10 depuis que nous avons
quitte Gatien.
Le vent est extrêmement fort et froid, il fait environ -30 degrés.

Je dois changer la pellicule de l'appareil photo, filmer, j'enlève mes gants 3
minutes, c'est l’enfer ! Nous ne restons guère plus de 10 minutes au sommet,
pressés de retrouver de la chaleur, de l'air et de manger un peu ( nous n' avons
rien manger depuis la veille. )
A la descente nous croisons à une heure du sommet les allemands, suivis des
coréens.
Les allemands ont équipé de cordes fixes les passages délicats, ils ont perdu
beaucoup de temps.
C'est un peu l'embouteillage vers 6200 m mais qu'importe, nous avons eu un temps splendide et le sommet pour nous trois.
Nous redescendons fatigués au camp 2 a 5600 m, nous mangeons et buvons, démontons le camp et décidons de redescendre dès le jour même au camp de base à 4300 m, cela fait une grosse journée mais plus on descendra, mieux nous dormirons, plus nous aurons chaud, plus vite nous récupérons. Nous arriverons vers 16h00 au camp de base ( partis a 3h30 le matin pour le sommet).
Nous sommes très fatigués, mais heureux d'être dès
le lendemain a Huaraz.
Gatien à un pouce de la main gelé superficiellement et moi 4 doigts de la main
droite qui ont perdu toute sensiblité.
Racra nous prépare un festin, comme d'habitude. Vers 20h00, nous voyons des lampes frontales 100 m au dessus et d'autres très loin sur la moraine. Les premières sont celles des allemands qui redescendent de nuit ( !!?? ), les secondes, très éloignées ( à 2 heures ) sont celles des coréens qui redescendent un de leur compatriote qui a fait un oedème pulmonaire au camp 2, le médecin allemand lui a laissé 2 heures à vivre s'il ne redescendait pas immédiatement.
Porté par ses amis, ils le redescendent en pleine nuit, il arriveront bien après 22h00, le coréen est sain et sauf.
07/08/2002
L'étape qui nous attend aujourd’hui est longue de 20 minutes ( ! ).
En effet nous avons à rejoindre la piste a 4150 m ou vient nous chercher le
minibus a 11h00.
10h55 arrive le gardien du refuge du Pisco qui arrive du sommet, il a fait un
temps record ! Il nous informe que très peu ont fait le sommet, le temps était
mauvais, ils se sont perdus dans le brouillard... ( quelle chance nous avons eu
! ) Branché a l'heure péruvienne, il arrive a 12h00.
Apres s'être fait traité de " Huevon" ( couillon ),
nous mettrons 2h30 pour rejoindre Huaraz.
Nous en avons fini avec la montagne, nous sommes fatigués mais les images que
nous avons gardé sont fantastiques.
Le soir, nous invitons Magno et Marc chez Patrick et
nous prenons rendez vous avec la belle sœur de Magno qui fait des massages, pour
le lendemain.
08/08/2002
Après un réveil difficile, 45 minutes de massage réparateurs. Pour bien
continuer cette journée, nous allons aux thermes de Montherey... On ne
s'attendait pas a ça, on s'est retrouvé a 3 dans une baignoire... Assez comique.
Le soir nous rencontrons deux français a la casa de guias ( maison des guides
) qui veulent faire le Pisco, nous irons manger avec eux pour leur donner
quelques conseils.
09/08/2002
Rendez vous a 9 heures à la casa des guias avec Marc pour 3-4 heures de vtt.
Nous louons des vtt très corrects et nous dirigeons vers Pitec.

Nous montons jusqu'à quasiment 4000 m ( partis de huaraz 3100 m ) puis
redescendons a toute vitesse en traversant des villages où l'espagnol n'est même
pas parlé ( Quechua ).


Nous déjeunons avec Marc après ces 4 heures de vtt.
10/08/2002
Il nous reste 2 jours a Huaraz pour flâner, acheter des souvenirs et préparer
notre retour.
Nous n auront désormais plus accès a Internet, nous partons en bus le 12 de
huaraz, pour lima, le 13 décolle l’avion, nous atterrissons le 14
août a 19h15 a Orly... après deux jours et demi de transfert…
Merci d'avoir suivi notre périple, rendez vous le 14, en France cette fois
ci...
Merci à nos partenaires financiers : INTERMARCHE, LE VIEUX CAMPEUR, La
commune de MANDRES LES ROSES, Le CONSEIL GENERAL DU VAL DE MARNE, L'université
D'EVRY.
Merci à Andéan Adventure et plus particulièrement à Marc et Magno pour leur bonne humeur communicative...
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