Sri Lanka, 1000 km, seul et à vélo (2015)

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• Seul !
• A vélo !
  • Les contacts amicaux, bienveillants et souriants avec les sri lankais
  • Sigiriya, rocher impressionnant
  • Les montagnes du thé
  • Les plages extraordinaires
  • Les temples et lieux de culte de toutes confessions et leurs fidèles
  • La gastronomie raffinée

Un vélo chargé, une carte détaillée, des plantations de thé, des temples bondés, des plages ensoleillées, des rencontres par milliers, des villes embouteillées, des bus pressés, des chiens affamés, la chaleur à supporter…

Récit en mots et en photos d’un périple de 1000 km, seul et à vélo, sur les routes du Sri Lanka …


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Vol matinal dans un Airbus A330 de la compagnie Saudi Airlines.

Dans le film que je visionne, certaines scènes sont coupées, certains mots sont bipés, les décolletés et les bouteilles d’alcool sont floutés. Une bouteille de Badoit n’échappe pas à la censure…

7 heures d’escale à Jeddah. Je rencontre Clém, Anaïs, Johanna et Alex avec qui je passe le temps.

L’aéroport de Jeddah est minuscule et sordide. Pas de zone fumeur et les nombreux panneaux sont explicites : fumer est interdit. Pourtant, quelques heures après notre arrivée , certains passagers craquent et allument une cigarette dans le hall d’embarquement. Ici, c’est un employé de l’aéroport qui s’en grille une derrière son comptoir. Je me laisse tenter…

J’embarque tard dans la nuit à destination de Colombo.


Jour : 22 km   Total : 22 km

Sommeil maintes fois interrompu. Colombo. Je récupère mon vélo espérant qu’il soit toujours entier. Taxi vers Negombo où je dois passer ma première nuit.

La chaleur ? Elle semble supportable…

J’arrive donc chez Patrick, une petite Guesthouse bon marché à deux pas de la plage de Negombo. Ma priorité, remonter mon vélo, vérifier qu’il n’est pas abîmé (ce qui peut arriver lors des voyages en soute). Le vélo est entier, je pars aussitôt faire quelques kilomètres pour vérifier le matériel, l’état de mes jambes et me faire une idée des routes sri-lankaises.

2 km parcourus et déjà, un clou de 5 cm de long transperce mon pneu. Ne me laissant pas impressionner par ce qui ressemble à un mauvais sort, j’arrête un  tuktuk, y charge mon vélo malgré les réticences du chauffeur et je retourne chez Patrick pour mes premières activités mécaniques dans le pays. Je change la chambre à air et repars.

Je longe la longue plage de Negombo et m’engage dans le formidable marché aux poissons. Les poissons y sont vendus frais et ou séchés. Dans les deux cas, l’odeur est envahissante pour ne pas dire nauséabonde.

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

22 km en guise de test. Le petit bilan que j’en tire est le suivant :  chaleur : ok, état des jambes : ok, état du vélo : ok, conduite à gauche : ok, circulation anarchique, chiens errants, piétons, bouches d’égout béantes : ok, mais je devrai rester vigilant à chaque instant…

Retour à l’hôtel. Je m’allonge, je m’endors aussitôt. Je retourne sur la plage en fin d’après-midi. La foule colorée s’est massée afin d’attendre le coucher du soleil. L’ambiance est familiale, amicale et festive.

   

   

   

   

   

   

   

   

La nuit est tombée. Attablé chez Patrick, j’ai commandé une bière, j’ai sorti ma carte du Sri Lanka, mon carnet et mon stylo et je visionne les photos du jour. Mon chicken fried rice (riz aux légumes et poulet) arrive, mon voyage commence !

 

Je prépare les derniers détails techniques et m’endors sans demander mon reste…


Negombo – Kurunegala    Jour : 80 km   Total : 102 km

Nuit de plomb.

Non sans excitation, je quitte l’océan de bon matin, vent de face. La route serpente harmonieusement entre les palmiers.

La « Petite Musique de Nuit » de Mozart flotte ici ou là, un son strident qui annonce l’arrivée prochaine du tuktuk-boulangerie. Souvent,  je l’entends mais ne le vois pas.

Mes sensations sont bonnes lors de ces premiers tours de roue.

Des églises, des mosquées, des temples, des bouddhas… Des sourires, des bonjours, des pouces levés en guise d’encouragement. Visiblement, je ne passe pas inaperçu avec mes sacoches orange et je suscite une certaine forme de curiosité… Les tuktuks qui me doublent ont souvent un petit geste amical. Les nombreux chiens errants gisent parfois à même la route. Généralement, ils ne tournent même pas la tête à mon passage. Le serpent d’un mètre de long, écrasé au milieu de la chaussée ne réagit pas non plus.

   

Lorsque je m’arrête après 50 km parcourus, la chaleur est perceptible. Une chape de plomb, plus un souffle, je ruisselle.

Haruna tient la petite échoppe où je me repose. Il a travaillé durant des années, exposé aux produits chimiques, dans une usine en Corée du sud. Il en garde des séquelles et aspire, aujourd’hui, à une vie paisible.

J’arrive dans une circulation dense à Kurunegala.

Je trouve un hôtel pas cher mais le tenancier m’annonce qu’il ferme le lendemain matin à 5h30. Il m’explique alors que je serai à la porte avant le lever du jour. Autre option plus onéreuse, face au lac et pas d’urgence demain aux aurores.

Repos tranquille à l’ombre des arbres. Déjà 6 litres d’eau ingérés depuis ce matin.

Je n’ai pas mal aux jambes et ne me sens pas fatigué. Je passe donc l’après-midi entre le lac, repère discret des amoureux, et le centre ville,  poussiéreux, enfumé et assourdissant.

Je suis apostrophé de toutes parts : le vendeur de poissons qui m’offre de l’eau fraîche, le vendeur de noix coco, le vendeur de loto et les deux flics avec qui j’en partage une, deux ou trois tuktuks drivers, Nashanta, l’ouvrier qui doit restaurer, sans grande motivation, il faut l’avouer, une portion le long du lac… Ce dernier a travaillé sept années dans un restaurant italien à Dubaï. Comme je connais le coin, on en discute pendant une demi-heure. En se quittant, il me donne son numéro de téléphone et m’assure que je peux l’appeler 24h/24h en cas de problème.

   

   

   

   

       

   

Je retourne en ville pour déguster un Biryani en ne manquant pas, sur le chemin du retour, de partager une cigarette avec mon vendeur de poisson.

Le silence est monacal dans l'hôtel, je suis le seul client.   

 

 

 
 

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Photos et textes © Pierre Letienne